EDITO

C’est l’histoire d’un coup de théâtre.
Le thème principal de Festen est le secret de famille et le poids monstrueux que celui-ci fait peser sur ceux qui le respectent.
Festen raconte la transgression très théâtrale d’un secret parmi les pires qu’il est donné à une famille de garder muré dans le silence bienveillant des convenances et de la bienséance.
La révélation qui a lieu, s’attaque au conformisme familial et fait trembler les fondements d’une tradition du secret respectée a priori par tous les protagonistes.
Au début, il y a un ordre des choses, établi par le père, Helge, un bon vieil ordre d'après guerre qui va être bombardé par Christian qui a envie d'un nouvel ordre. Jusqu'alors Christian acceptait l'ordre de son père, mais, ayant mûri, il a décidé de le modifier. Il a pris conscience qu'il ne pouvait plus évoluer normalement et qu'il devait effectuer un voyage jusqu'à son enfance, pour effacer son pêché d'enfance, et échapper à ce handicap qui ne lui permet pas de vivre en paix avec lui-même.

L’hypocrisie et le conformisme
Le texte met à mal, nos valeurs occidentales, nos obédiences, notre éducation judéochrétienne, la bourgeoisie catholique ou protestante, bien établie depuis l’après-guerre où l’hypocrisie s’immisce partout où le paraitre familial et l’ascension sociale prévalent sur les valeurs de base, l’amour et le respect individuel de l’être humain.
Comment se défaire du carcan hiérarchique imposé par les familles et par les structures sociales ?
La loge omniprésente elle aussi, impose aussi la loi du silence et de la « non contestation » d’une hiérarchie établie par notre société. Qui oserait contester la position dominante du jubilaire du jour, ils sont invités, ils sont chez lui, il est chef de loge, certains travaillent pour lui ou grâce à lui. Non vraiment la contestation n’est pas de mise, Christian sera vraiment seul contre tous pour affronter le conformisme du groupe, annihilant toutes velléités d’un individu à exprimer ses propres valeurs sociétales. Cette tendance obsédante des gens à suivre en toutes circonstances, les idées ou les modèles, les modes ou les moeurs du milieu dans lequel ils vivent, du groupe auxquels ils croient appartenir. C’est ce chemin exténuant, pour une vérité « pas bonne à dire », que Christian va entreprendre ce combat, pour son salut personnel et pour celui de sa soeur jumelle, morte à ses yeux, par le silence volontaire d’une société qui étouffe l’individu.
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